Les deux formats ODF et Open XML ont un point commun, l’objectif de standardisation par un organisme international reconnu, l’ISO. L’intérêt pour un format ouvert d’être standardisé est d’abord d’être contrôlé par un service extérieur et donc ajoute un gage de qualité. Ensuite, l’intégration de nouveaux éléments aux formats est contrôlée et centralisée. Ce contrôle garantit l’interopérabilité : le fait que les spécifications soit fixées et révisées régulièrement permet aux utilisateurs et éditeurs d’avoir une base sûre pour leurs développements avec le format.
Processus de normalisation ISO
Les standards internationaux sont développés par le comité technique ISO (technical committees - TC) et sous-comités (subcommittees - SC) en six étapes :
1. Proposition,
2. Préparation,
3. Comité,
4. Enquête,
5. Approbation,
6. Publication.
Si un document avec un certain degré de pertinence, c’est-à-dire déjà relativement abouti autant au niveau technique qu’au niveau de la réflexion, est déjà disponible au début de la phase de standardisation, par exemple un standard développé par une organisation, il est possible d’éviter certaines étapes. Cette procédure, appelée « Fast-track procedure », permet au document de passer directement à l’étape d’approbation en tant que DIS, Draft International Standard (étape 4), ou bien si l’organisation est reconnue par le conseil ISO, en tant que FDIS, Final Draft International Standard (étape 5).
ODF – OASIS
L’OASIS (Organization for the Advancement of Structured Information Standards) est un consortium international ayant pour objectif de développer et faire converger les standards e-business. Ce consortium a été fondé en 1993 et compte aujourd’hui plus de 5000 participants représentant plus de 600 entreprises et individuels de 100 pays.
Les spécifications du format OpenDocument ont reçu 100% de votes positifs à l’OASIS en mai 2005 (67 dont Intel, Google Inc., AOL, Adobe Systems, France Telecom, Fujitsu Limited, General Motors, HP, Nokia, Novell, Oracle, Red Hat, Siemens, Sun, Boeing,…). Le format est donc devenu un standard OASIS après ce vote.
OpenDocument a ensuite été soumis à l’ISO (International Organization for Standardization) via une procédure de fast track pour une standardisation qui a été officialisée en mai 2006 sous la désignation ISO/IEC 26300.
La procédure de fast track utilisée est une procédure PAS, plus courte d'un mois par rapport à la procédure de fast track classique, en raison de l'absence de la période de contradiction.
Open XML – ECMA International
L’ECMA (European Computer Manufacturers Association) est une organisation de standardisation des systèmes d’informations et de communication fondée en 1961. Elle comprend des membres ordinaires ayant le droit de vote sur les standards. Ces membres sont : Adobe, Avaya, Barclays Capital, Canon, Ericsson, Fujifilm, Fujitsu, HP, Hitachi, IBM, Intel, Microsoft, Panasonic, Philips, Pioneer, Ricoh, Sony, Statoil ASA, Toshiba et Yahoo Inc.
Au sein de l’ECMA, un comité technique (TC45) a été formé pour définir les spécifications d’Open XML. Ce comité a été dirigé par un représentant de Microsoft, en collaboration avec Apple, Barclays Capital, BP, The British Library, Essilor, Intel, The Library of Congress, Microsoft, NextPage, Novell, Statoil et Toshiba. Le 7 décembre 2006, Open XML est devenu un standard ECMA avec l’accord de tous les membres ordinaires sauf IBM. Depuis ce jour, Open XML est devant ISO/IEC JTC1 pour la ratification ISO. JTC1 est la branche de standardisation IT de l’organisation ISO.
L’organisation ISO a accepté de suivre la procédure de fast track pour la standardisation d’Open XML.
La première phase d’enquête d’un mois s’est terminée le 5 février 2007. Cette phase a eu pour but d’identifier les contradictions possibles avec d’autres standards ou propositions.
Durant cette phase, vingt pays ont exprimé questions et commentaires. L’ECMA a donc répondu à ces objections le 28 février et ensuite l’ISO a donc établi le calendrier pour la seconde phase.
La seconde phase est une enquête de cinq mois, commençant le 2 avril et se terminant le 2 septembre 2007, durant laquelle a été étudiée la possibilité de standardiser le format.
Les pays membres de l’ISO doivent ensuite faire un choix entre :
oui,
oui avec commentaires,
non,
non avec commentaires,
abstention.
Le standard sera accepté avec au moins deux tiers de votes favorable et moins d’un quart de votes défavorables.
Pour préparer sa réponse, l’AFNOR a mené une enquête de deux mois sur la proposition, qui a été publiée au Journal Officiel.
De nombreux pays et organismes se sont prononcés contre la standardisation avec des commentaires négatifs, et notamment la France et la Grande-Bretagne.
OpenXML a réunis seulement 74% de votes favorables parmi tous les votants et seulement 53% de votes favorables parmi les organismes de standardisation nationaux (comme l'AFNOR). La standardisation a donc été rejetée, et Microsoft devra attendre un an environ avant de pouvoir de nouveau soumettre son format à un vote.
On note que l'Afnor demande de scinder le format OpenXML en deux :
- une spécification sur le noyau OOXML pour les fonctionnalités de base qui convergerait avec le format ODF
- une spécification pour les fonctionnalités étendues.
La France n'est pas toutefois pas le seul pays à commenter longuement l'Office OpenXML, le Brésil ayant formulé une soixantaine d'objections alors que l'Inde s'inquiète de l'incompatibilité de l'Office Open XML avec le format ODF.
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le 06 septembre 2007